08/06/2017 10:48
Chiffonniers, moto-taxis…, ils sont des milliers à gagner leur pain quotidien dans les rues. Pas toujours facile quand le thermomètre flirte avec la barre des 40 degrés.
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Malgré la chaleur implacable, Pham Duy Dung continue de ramasser des déchets qu’il revendra aux ferrailleurs.
Photo : Hông Nga/CVN

Un jour de début juin à Hanoï, vers 14h00. Le mercure tutoie les 40°C. Un soleil invisible dans le ciel chauffé à blanc darde son implacable rayonnement. L’air est brûlant. Même à l’ombre. Les rues sont presque désertes. Les habitants, accablés par la touffeur inhumaine, sont enfermés chez eux, essayant tant bien que mal de résister à la chaleur qui, même au cœur de la nuit, reste implacable avec des minimales de l’ordre de 32-33°C. Les tas d’ordures attendent d’être ramassés dans les camions-bennes en fin d’après-midi.

Et pourtant, Pham Duy Dung, 68 ans, passe comme d’habitude sa journée à fouiller les immondices, afin de récupérer ce qu’il pourra revendre aux ferrailleurs. Il remonte la rue Truong Đinh, longue de 3,5 km, dans l’arrondissement de Hoàng Mai, dont les nombreuses ruelles sont envahies de décharges sauvages. Cela fait une trentaine d’années qu’il gagne sa vie dans les déchets. Un «sale boulot», au sens propre comme au sens figuré.

Un travail inhumain pour un salaire de misère

Les Hanoïens continuent de travailler sous la grande chaleur de la canicule historique.
Photo : Thành Dat/VNA/CVN

«Auparavant, j’étais ouvrier dans une compagnie de construction. D’une part puisqu’il n’y avait plus de travail, d’autre part en raison de ma santé, j’ai pris une retraite anticipée en 1989», raconte-t-il.

Lui et sa femme ont deux fils. L’un a fondé sa propre famille, l’autre vit toujours aux crochets de ses parents. La survie de la famille dépend essentiellement de la vente de ferraille.

Quel que soit le temps, soleil implacable, froid mordant ou pluie diluvienne, le vieil homme n’a pas d’autre choix que de parcourir les rues pour gagner sa pitance et celle de ses proches. «Je gagne 20.000-25.000 dôngs en moyenne chaque jour», informe-t-il. Mais si les fortes chaleurs estivales compliquent son travail, elles ont aussi leurs bons côtés. «Je préfère l’été à l’hiver, surtout lorsqu’il fait très chaud, car j’ai alors l’occasion de collecter bien plus de canettes de bière !», sourit-il.

La chaleur, l’ennemi n°1 des moto-taxis

Le travail pénible a buriné le visage du moto-taxi Nguyên Van Dung.
Photo : Hông Nga/CVN

Nguyên Van Dung, 71 ans, est moto-taxi au marché de gros du Sud de Hanoï. Chemise trempée, gouttes de sueur perlant sur le visage buriné, il confie : «Rouler sous une telle chaleur, c’est vraiment épuisant. La réflexion du soleil sur le bitume chauffé à blanc fait mal aux yeux».

Ses armes pour lutter contre la chaleur sont réduites à leur strict minimum : une serviette humide autour du cou et une bouteille d’eau accrochée au flanc de sa moto. «Cette serviette, c’est à la fois pour me protéger la nuque et éponger la sueur qui ruisselle dans les yeux», explique-t-il.

Au cœur de la capitale, des rues presque désertes sous le soleil ardent.
Photo : Hoàng Hùng/VNA/CVN

Nguyên Van Dung est devenu moto-taxi après avoir pris sa retraite anticipée en 1998, lui aussi,  pour raison de santé. Chaque mois, lui et sa femme, anciens travailleurs dans des entreprises publiques, reçoivent environ 3,7 millions de dôngs de pension. Une somme non négligeable par rapport aux revenus de bien des familles ouvrières. Mais cela ne leur suffit pas. «Ma femme souffre d’un diabète sévère avec des complications. Une grande partie de l’argent du ménage part dans le traitement», raconte-t-il.

Nguyên Van Dung informe que la canicule, en plus de rendre son travail très pénible, fait aussi chuter le nombre de clients. «Pour éviter la chaleur, beaucoup de gens optent pour le taxi. De plus, les services de moto-taxi de Grab (application pour Smartphone, ndlr), en pleine expansion dans la capitale, sont une grande menace pour les moto-taxis classiques comme nous». Ainsi, depuis l’apparition d’Uber et de Grab, il ne gagne que 50.000 dôngs par jour au maximum, après déduction des frais d’essence et de boissons - trà đá (thé glacé) notamment. «Il y a des jours où je ne gagne rien», avoue-t-il.

Un moto-taxi fait sa sieste, le 5 juin, dans la rue Nguyên Công Tru, à Hanoï.
Photo : Thành Dat/VNA/CVN

Au plus fort de la chaleur, en milieu de journée, Nguyên Van Dung cherche un coin tranquille à l’ombre des arbres et bien ventilé. Là, il s’allonge sur sa selle et fait la sieste. 

Le travail à l’extérieur est toujours pénible en pays tropical. En période de canicule, il est encore plus astreignant et met en péril la santé. Mais pour gagner leur pitance, pas d’autre choix pour ces travailleurs pauvres que de cohabiter avec les sautes d’humeur de la météo. Les «forçats des rues» sont habitués aux conditions extrêmes. Pour eux, cela ne change pas grand-chose qu’il fasse 25 ou 40 degrés.

Nguyên Hông Nga/CVN
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