17/07/2017 21:07
L’Union européenne (UE) à 27 et le Royaume-Uni entrent lundi 17 juillet dans le vif du sujet lors d’un deuxième round de négociations à Bruxelles pour déterminer les conditions de leur divorce, au moment où Londres se met progressivement en ordre de bataille.
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Le ministre britannique chargé du Brexit, David Davis (gauche), et le négociateur en chef européen pour le Brexit, Michel Barnier, le 17 juillet à Bruxelles.
Photo : AFP/VNA/CVN

Après une session inaugurale au cours de laquelle les deux parties se sont accordées sur le calendrier des rencontres et les sujets à régler en priorité, les deux camps vont pouvoir commencer à comparer leurs positions de négociation sur les dossiers les plus épineux : droits des citoyens et solde des comptes, mais aussi la question irlandaise.

Pour cette véritable entrée "au cœur du sujet", comme l’a souligné le négociateur en chef européen Michel Barnier à son arrivée lundi 17 juillet, il s’agit "d’examiner et comparer nos positions respectives pour progresser".

À 9h15 (7h15 GMT), après une énergique poignée de mains, le Français a ouvert la session en compagnie de son homologue britannique David Davis. "Il est temps de se mettre au travail et de faire en sorte que ces négociations soient couronnées de succès", a déclaré M. Davis. Son objectif : "Identifier les différences pour s’en occuper et identifier les similarités pour les renforcer".

Le négociateur en chef britannique avait précédemment souligné l’importance de la question du sort des citoyens expatriés, pour lesquels le divorce entre Londres et Bruxelles fait peser l’incertitude sur leurs droits -- de résidence, d’accès au marché du travail, à la sécurité sociale, etc.

Les deux équipes de négociateurs discuteront à partir de lundi 17 juillet, au niveau de groupes de travail, jusqu’à jeudi 20 juillet, jour où se tiendront une session plénière et une conférence de presse.

La pression est incontestablement montée la semaine dernière, à l’approche de ce nouveau cycle de négociations -- programmées à un rythme mensuel.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, l’eurosceptique Boris Johnson, a mouché les Européens depuis Londres, assurant qu’ils pouvaient "toujours courir" pour que son pays paie la facture du Brexit, estimée jusqu’à 100 milliards d’euros par certains responsables européens.

Un chiffre jugé "ridicule" et "fantaisiste" dimanche 16 juillet par le ministre des Finances britannique Philip Hammond, qui a tout de même assuré que le Royaume-Uni n’était "pas un pays qui fuit ses dettes".

Le temps presse

"L’heure tourne", avait mis en garde Michel Barnier la semaine passée, si Londres et Bruxelles veulent trouver comme prévu un accord de retrait d’ici mars 2019 après 40 années de mariage tumultueux.

Il reste même seulement 15 mois pour boucler les négociations d’ici à octobre 2018, afin de laisser du temps pour la ratification de l’accord final par toutes les parties concernées.

Les Européens, qui ont finalisé leurs préparatifs des tractations en mai, se montrent de plus en plus impatients de connaître les positions britanniques.

Londres a publié jeudi 13 juillet les documents précisant son "opinion" sur plusieurs sujets clés -- mais toujours pas la question cruciale du règlement financier.

Dans ces "papiers", les Britanniques insistent sur la nécessité de s’entendre sur une période transitoire et de commencer au plus vite à discuter du statut de la future relation entre les deux parties. Une conversation que les 27 ont pourtant déjà conditionnée à l’établissement d’avancées significatives sur des sujets clés comme le sort des citoyens expatriés, déjà évoqué, la question financière et la frontière entre la république d’Irlande et la province britannique de l’Irlande du Nord.

"Solder les comptes (...) ce n’est pas facile, ça coûte cher dans toute séparation", avait reconnu Michel Barnier la semaine passée. Mais il avait de nouveau promis qu’il ne demanderait "pas un euro, pas une "pound" (une livre sterling, ndlr) de plus" au Royaume-Uni que les engagements pris en tant que membre de l’UE.

À Londres, l’Office de responsabilité budgétaire (OBR), chargé de surveiller les comptes du Royaume-Uni, a estimé que cette facture -- "un coût unique" -- ne devrait pas avoir d’impact majeur sur les finances publiques.

Les deux parties doivent également commencer à se pencher sur des points "divers", comme l’appartenance à Euratom, la communauté européenne de l’énergie atomique, l’autorité de la Cour de justice de l’UE (CJUE) ou le statut des biens placés sur le marché unique après la date du Brexit (par exemple une voiture fabriquée et mise sur le marché avant le Brexit mais vendue après).

AFP/VNA/CVN
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