10/08/2017 08:27
La crise humanitaire au Yémen oblige les organisations traitant les blessés de guerre à se concentrer sur des maladies dont "personne ne devrait mourir", a affirmé mercredi 9 août le responsable du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour ce pays ravagé par un conflit meurtrier.
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Des enfants yéménites remplissent des jerricans d'eau à Sanaa, au Yémen, le 2 juillet. Photo : AFP/VNA/CVN

Dans un entretien accordé à l'AFP à Beyrouth, le chef de la délégation du CICR au Yémen Alexandre Faite a déclaré que le conflit en cours depuis deux ans rendait fatales des maladies d'ordinaire faciles à traiter.

"Depuis des siècles, le CICR pratique la médecine de guerre: des blessés par balles, des bombardements, des personnes amputées. C'était notre principal domaine d'expertise", rappelle M. Faite.

Mais "le (conflit au) Yémen apporte une nouvelle dimension", relève-t-il.

L'organisation humanitaire a dû se mobiliser rapidement pour distribuer de l'insuline aux Yéménites diabétiques et fournir des unités d'hémodialyse dans ce pays, le plus pauvre du monde arabe.

"Pour le CICR, il s'agit d'une nouveauté: traiter des maladies chroniques dont personne ne devrait mourir", explique M. Faite.

"Les personnes tuées directement par les combats ne sont peut-être pas aussi nombreuses que dans d'autres pays. Mais elles meurent de causes indirectes".

Le système de santé du Yémen a été dévasté par la guerre qui oppose depuis mars 2015 les forces gouvernementales soutenues par l'Arabie saoudite aux rebelles chiites Houthis appuyés par l'Iran.

Des millions de personnes sont menacées par la famine, les ressources attribuées à la lutte contre la malnutrition ayant été utilisées pour faire face à une épidémie de choléra.

Celle-ci a déjà fait plus de 1.900 morts depuis avril, avec 400.000 cas suspects sur l'ensemble de ce pays situé dans le sud de la péninsule arabique.

Mais l'épidémie mortelle n'est peut-être qu'un début, met en garde M. Faite.

"Notre principale préoccupation - et elle est de taille - est que le choléra soit surtout un symptôme. La question est de savoir ce qui viendra après".

Il décrit un système de santé "en ruines", le personnel médical yéménite travaillant sans salaire pour porter secours à ses compatriotes.

Traitements abusifs 

Des patients soupçonnés d'être infectés par le choléra hospitalisés à Sanaa, au Yémen, le 13 juillet. Photo : AFP/VNA/CVN

Le responsable du CICR a exhorté les parties au conflit à parvenir rapidement à une solution politique afin que les hôpitaux et les infrastructures médicales puissent être remis en service le plus tôt possible.

"Si (le conflit) se poursuit pendant un ou deux ans, alors le temps pour tout reconstruire va être très, très long et la population va énormément souffrir", prévient-il.

Les combats ont déjà fait près de 8.400 morts et plus de 47.000 blessés, selon l'OMS.

Les deux parties sont accusées de violations des droits de l'Homme, y compris de traitements abusifs contre des détenus.

Selon M. Faite, le CICR fait pression pour améliorer l'accès à "des milliers de prisonniers" détenus par les parties belligérantes.

"Nous sommes dans un cercle vicieux, où un camp conditionne l'accès aux détenus à une visite de ses propres prisonniers dans l'autre camp", dit-il.

"Le manque d'accès (...) multiplie le risque de voir commettre des abus, y compris de la torture ou des disparitions".

AFP/VNA/CVN
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