02/01/2017 14:46
Lundi matin 2 janvier à l'aube, plus de 24 heures après la fusillade qui a fait 39 morts, dont plus de 20 étrangers, dans une boîte de nuit huppée d'Istanbul, l'assaillant était toujours en fuite et les enquêteurs turcs n'avaient toujours aucun responsable à désigner.
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Policiers devant la discothèque Reina le 1er janvier à Istanbul.
Photo : AFP/VNA/CVN

Un agresseur en cavale, aucune revendication : le flou règne sur l'identité et les motivations de l'auteur de cette attaque sanglante contre la Turquie, déjà secouée en 2016 par une tentative de coup d'État et une vague d'attentats meurtriers attribués aux jihadistes du groupe État islamique (EI) ou à la rébellion kurde.

Responsable du double attentat qui a fait 45 morts dans le centre d'Istanbul le 10 décembre, via les Faucons de la Liberté du Kurdistan (TAK), les rebelles kurdes ont cette fois nié toute responsabilité.

Murat Karayilan, l'un des chefs du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, le principal groupe séparatiste kurde, a écarté dimanche 1er janvier toute implication des "forces kurdes" dans l'assaut contre la discothèque la Reina.

Murat Karayilan, l'un des chefs du PKK.
Photo : AFP/VNA/CVN
Mais aucune revendication n'est venue non plus du côté de l'EI, cible depuis août d'une offensive des forces turques dans le nord de la Syrie. En réaction à ces opérations militaires, l'EI a appelé à plusieurs reprises ses partisans à mener des attaques en Turquie.


Plus de vingt étrangers tués


Précisant que l'agresseur avait laissé son arme sur les lieux et "profité de l'anarchie pour s'enfuir", le Premier ministre turc Binali Yildirim n'a privilégié aucune piste, se contentant d'indiquer que l'enquête "se poursuit de façon très minutieuse".

Alors que des vidéos publiées sur les réseaux sociaux avaient rapidement montré dimanche un homme faisant irruption devant l'entrée de la discothèque en tirant, les autorités d'Ankara ont vite interdit la diffusion de toute image de l'attaque, comme elles le font généralement après les attentats.

Flou sur l'assaillant donc, flou sur ses motivations, et flou aussi sur le nombre de victimes étrangères : si le nombre d'au moins quinze étrangers tués a été avancé dimanche 1er janvier dans la journée par les autorités turques, celui-ci est maintenant largement dépassé auprès des diverses représentations diplomatiques en Turquie ou de gouvernements étrangers.

Dimanche soir 1er janvier, à Ottawa, c'est le Premier ministre canadien Justin Trudeau qui a ainsi annoncé qu'une Canadienne faisait partie des tués. Une nouvelle nationalité, après les autres origines citées : trois Jordaniens, trois Libanais, trois Irakiens, un Tunisien, une Franco-Tunisienne, deux Marocains, deux Indiens, un Libyen, un Belgo-Turc, une Israélienne, un Koweïtien, et "plusieurs" Saoudiens, cinq selon le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat. 

Soit 25 morts de nationalité étrangère, parmi les 700 à 800 personnes réunies dans la discothèque Reina, au bord du Bosphore, au moment de la fusillade, dont certains ont plongé dans les eaux glaciales pour échapper aux balles mortelles.

L'agence russe TASS a évoqué de son côté lundi 1er janvier la mort d'une citoyenne russe.

L'agence de presse turque Anadolu, citant des sources non identifiées au ministère de la Justice, parlait elle lundi matin 2 janvier de 27 morts étrangers et 11 morts turcs, une victime restant non identifiée.

Selon le dernier bilan provisoire des autorités, 65 personnes ont également été blessées dans l'attaque visant la Reina, dimanche 1er janvier vers 01h15 locales (22h15 GMT samedi 31 décembre 2016).

Sept minutes de chaos

Fleurs et bougies étaient déposées devant la boîte de nuit dimanche 1er janvier, sous le regard de policiers armés de mitraillettes. Des fleurs et de la lumière pour tenter d'oublier un drame qui n'a duré que quelques secondes au total.

Selon la chaîne d'information NTV, l'agresseur aurait tiré entre 120 et 180 balles en sept minutes, avant de changer de tenue et de prendre la fuite.

Un blessé est évacué de la discothèque Reina, le 1er janvier à Istanbul.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Nous étions venus pour passer un bon moment mais tout s'est soudain transformé en nuit d'horreur", a raconté Maximilien, un touriste italien.

"On a entendu des tirs de kalachnikov, on s'est dit que c'était peut-être des gens qui avaient trop bu et qui se bagarraient, mais les gens ont commencé à se jeter par terre", a témoigné Albert Farhat, sur la chaîne libanaise LBCI.

"C'est mon passeport qui ma sauvé la vie, car je le portais près du cœur", a encore témoigné sur LCBI un Libanais blessé, François al-Asmar, expliquant qu'une balle avait effleuré le document.

Cette attaque a suscité une vague de réactions indignées dans le monde. Washington, Moscou, Paris et Berlin, ainsi que le pape François, l'ont notamment condamnée.

AFP/VNA/CVN
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