07/12/2015 14:48
La police britannique privilégiait le 6 décembre la piste "terroriste" au lendemain de l'arrestation d'un homme ayant blessé au couteau deux personnes dans une station de métro de l'est de Londres.
>>Une attaque au couteau dans le métro de Londres qualifiée d'"incident terroriste"

Un policier britannique surveille l'entrée du métro Leytonston au nord de Londres, le 6 décembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Nous traitons cela comme un acte terroriste", a indiqué dès le soir du 5 décembre dans un communiqué le responsable du commandement antiterroriste de la police métropolitaine, Richard Walton, qui supervise l'enquête. Il a demandé à la population de "rester calme mais vigilante".

Cette agression intervient trois jours après l'autorisation donnée par le parlement britannique à l'armée de mener des frappes aériennes contre le groupe État islamique (EI) en Syrie et alors que, selon la chaîne de télévision Sky News, des témoins auraient entendu l'agresseur justifier son acte en disant : "C'est pour la Syrie".

La police n'a cependant pas confirmé cette information.

Le 6 décembre, elle a précisé qu'un logement avait été perquisitionné dans l'est de Londres, ajoutant que l'auteur des faits, un homme de 29 ans, avait été arrêté pour "tentative de meurtre" et était toujours en garde à vue.

Ces faits ont eu lieu moins d'un mois après les attentats de Paris, revendiqués par l'EI (130 morts), et trois jours après une tuerie aux États-Unis (14 morts), pour laquelle la piste terroriste est privilégiée.

Si la piste terroriste se confirme, il s'agirait vraisemblablement d'une attaque perpétrée par ce que la police et les experts qualifient de "loup solitaire". La police a d'ailleurs exprimé à plusieurs reprises son "inquiétude grandissante" vis-à-vis de ce type d'attaques.

Localisation de la station de métro Leytonstone, lieu d'une attaque au couteau le 5 décembre, un "acte terroriste" selon la police.
Photo : AFP/VNA/CVN

En début de semaine, Peter Neumann, le directeur du Centre international pour l'étude de la radicalisation (ICSR) au King's College déclarait qu'il fallait s'attendre à "davantage d'attaques complexes comme celles de Paris mais aussi à davantage d'attaques menées par des loups solitaires", nécessitant très peu de préparation.

Risque "hautement probable" d'attentat

Le Royaume-Uni avait déjà été choqué par l'assassinat en mai 2013, en pleine rue, dans le sud de Londres, du soldat Lee Rigby. Il avait été lardé de coups de couteau par ses agresseurs qui s'étaient présentés comme des "soldats d'Allah en guerre contre la Grande-Bretagne" et avaient tenté de le décapiter.

En mars dernier, un adolescent britannique de 19 ans a également été condamné à 22 ans de prison pour avoir projeté de décapiter un autre soldat. Il avait été arrêté en août 2014 à Londres avec un marteau, un couteau de 30,5 cm et un drapeau islamique.

Le soir du 5 décembre à Londres, les événements se sont déroulés vers 19h00 GMT au niveau des portiques d'accès à la station de métro de Leytonstone, sur la ligne centrale qui traverse la capitale britannique d'est en ouest.

Une voiture de police devant la station de métro de Londres où a eu lieu l'attaque au couteau qui a fait trois blessés, le 6 décembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Dans l'attaque, un homme de 56 ans a été grièvement blessé sans que ses jours ne soient cependant en danger. Il était dans un "état stable" le 6 décembre dans un hôpital de l'est de la capitale, a précisé la police.

Un autre homme a été légèrement blessé sans que son état ne nécessite de soins, tandis qu'une femme a été menacée, mais pas blessée par l'agresseur, selon la même source.

Le gérant de la petite épicerie de la station de métro a raconté que l'agresseur a commencé par frapper le quinquagénaire avant de le poignarder lorsqu'il était au sol, inconscient.

L'agresseur est arrivé en métro à la station et il était "agressif" dans la rame, a également rapporté  Christina, une femme au foyer ne souhaitant pas donner son nom complet, présente dans la rame avec lui.

La police a demandé à toute personne ayant vu ou filmé les faits de se faire connaître.

Plusieurs vidéos amateurs diffusés sur les réseaux sociaux et reprises par les médias montrent un homme de grande taille, vêtu à l'occidentale avec une chapka noire sur la tête et armé d'un couteau, que des policiers tentent de maîtriser dans le hall d'accès de la station.

Les policiers utilisent leur pistolet à impulsion électrique pour neutraliser l'homme. Touché, le suspect tombe et lâche l'arme. Il est ensuite maîtrisé au sol.

Un témoin crie alors au suspect : "T'es pas un musulman, mon frère ! T'es pas un musulman, mon frère ! T'es pas musulman !". Une phrase devenue le hashtag "YouAintNoMuslimBruv" le plus utilisé le 6 décembre au Royaume-Uni sur Twitter.

Le 6 décembre, le métro fonctionnait normalement, et la station, où une présence policière était visible, était ouverte.

Depuis août 2014, le niveau de menace terroriste est à 4 sur une échelle de 5 en Grande-Bretagne, signifiant qu'un attentat est considéré "hautement probable".
 
AFP/VNA/CVN



 
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