08/01/2016 19:41
Après cinq audiences de mise en état, la 1re séance de plaidoirie aura lieu le 3 mars, selon la décision de la juge qui présidait l’audience du 7 janvier du Tribunal de grande instance d’Evry dans le procès de l’agent orange intenté par Trân Tô Nga, une Française d’origine vietnamienne, contre 26 sociétés chimiques américaines.

>>Agent orange : une «attente légitime» à la base du procès Trân Tô Nga
 

La Française d’origine vietnamienne Trân Tô Nga (droite) lors d'une interview de journalistes étrangers.


Il s’agit d’une décision importante permettant de faire avancer le procès et d’engager le débat de fond sur la responsabilité des sociétés américaines dans la fabrication de l’agent orange. Car, le procès a été retardé à plusieurs reprises par des questions procédurales. En effet, la multiplication des audiences fatiguent les avocats du Cabinet «Bourdon & Forestier» qui défendent les intérêts de Trân Tô Nga et Trân Tô Nga elle-même. Elle augmente aussi les coûts de ce procès déjà très onéreux par les frais de traduction de documents du français à l’anglais et inversement.

En effet, les audiences qui se succèdent sont préjudiciables pour la plaignante qui est atteinte de plusieurs pathologies dues à son exposition pendant la guerre à l’agent orange comme un diabète de type 2, la présence de kystes dans ses organes. Durant ces derniers mois, elle a subi de nombreux examens médicaux et a souvent été hospitalisée pour des opérations chirurgicales.

Lors de l’audience du 7 janvier, des avocats représentant les sociétés américaines ont demandé que les analyses de sang de Trân Tô Nga soient effectuées dans un cabinet précis, celui du docteur Du Jardin et non pas dans un autre cabinet. Auparavant, ces mêmes avocats ont soulevé «l’incident de la communication de pièces» dans l’assignation tout en demandant la fourniture de papiers certifiant la présence de Mme Nga dans les zones d’épandage de l’agent orange pendant la guerre comme contrat de travail ou bulletins de salaire. Or, les gens qui se portaient volontaires pour aller se battre pour la libération du pays comme Mme Nga - qui était journaliste de l’Agence d’information Giai phong (aujourd’hui l’Agence Vietnamienne d’Information) - ne pensaient pas à être payés. Ainsi la demande de ces pièces est-elle infondée et de nature dilatoire.

Le choix d’une date pour les plaidoiries montre que ce procès est entré dans une nouvelle période. À partir de maintenant, ce sera le débat de fond sur le lien de causalité entre l’existence d’un préjudice et l’existence d’une faute. Il faut prouver que les pathologies dont souffre Mme Nga ont un lien avec la dioxine.

Dans ce combat difficile, les avocats défendant Mme Nga ont affirmé leur volonté d’aller jusqu’au bout du procès pour que justice soit rendue. De son côté, la victime estime que l’objectif du procès est de sensibiliser l’opinion internationale sur les atrocités de la guerre chimique et d’exhorter les gens à venir en aide aux victimes de l’agent orange au Vietnam, qui continuent de souffrir bien que le pays ait été libéré il y a plus de 40 ans.

Texte et photo : Bích Hà/CVN

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